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ASP ou SaaS, les logiciels à la demande modifient en profondeur le
paysage applicatif | 15 février
2008
Aujourd'hui banalisé, le modèle du
logiciel comme un service a pris une telle ampleur que tout éditeur se doit de
proposer une offre ASP à côté de ses offres traditionnelles de logiciels
installés en interne chez l'utilisateur. Mais le modèle s'enrichit et ce qu'on
appelle aussi SaaS implique maintenant un fort aspect collaboratif et tout un
volet d'intégration. Les récents États Généraux de l'ASP qui se sont tenus à
Paris le 29 janvier dernier ont mis en avant les grandes tendances du domaine.
Le
débat est ouvert sur le nom qu'on doit donner aux applications en ligne à la
demande : s'agit-il du modèle ASP (Application Service Provider : fournisseur de
service applicatif) ou du modèle SaaS (Software as a Service : logiciel comme un
service) ? On a tendance à appeler ASP le modèle dans lequel la relation entre
un fournisseur et un client est univoque et SaaS le modèle plus récent, où les
relations sont multiples et les applications plus facilement mutualisées. Au
moins tout le monde est-il d'accord sur leurs caractéristiques essentielles
communes : - L'hébergement des applications chez un prestataire ; -
L'attribution à l'entreprise d'un droit d'usage : ce mode locatif remplace le
modèle des licences logicielles ; - La facturation en fonction des modules
effectivement utilisés ou du volume consommé ; - La mutualisation des
applications ; - L'accès par un navigateur Web à des fonctions en
ligne.
Le
paysage français de l'ASP
Étudié
par le cabinet Markess, le marché français des applications en ligne à la
demande croît régulièrement : de 960 M€ en 2006, il est passé à 1230 M€ en 2007
et devrait atteindre 1480 M€ en 2008. La demande vient surtout des PME et TPE.
En une année, la valeur des contrats ainsi que leur durée ont augmenté : le
nombre de contrats d'un ou deux ans est nette progression alors que celui des
contrats de moins d'un an diminue.
Companeo a présenté la seconde édition
de son Baromètre de la demande ASP des PME. Cette étude permet de comparer trois
périodes : 2005, 2006 et 2007 (février à janvier). Dans le domaine de la
comptabilité, un peu plus de 50 % de la demande se porte sur les offres en mode
ASP au cours des 3 périodes. La demande de solutions ASP augmente fortement par
rapport à celle de solutions traditionnelles entre la première et la troisième
période, dans 3 domaines : la téléphonie, où elle passe de 18 % à 32 %, la
formation en ligne, où elle passe de 16 % à 29 % et le marketing, où elle passe
de 14 % à 28 %. Mais alors que pour la paie la demande en ASP passe de 10 % à 14
%, celle de solutions ASP dans le domaine des ressources humaines baisse : elle
passe de 19 % sur la première période à 14 % sur la troisième période. En
prenant en compte l'ensemble de ces domaines applicatifs, le taux de pénétration
global de l'ASP passe de 22 % sur la première période à 28 % sur les deuxième et
troisième périodes.
Les
tendances fortes du modèle ASP/SaaS
Au
niveau mondial, le développement des applications à la demande constitue une
tendance lourde. Comme toujours, le marché américain est à la pointe, l'Europe
répercutant ses évolutions avec un retard moyen de 18 mois. Selon le cabinet
Saugatuck, le marché américain a basculé : il n'est plus limité aux PME mais
concerne aussi les grandes entreprises. Le modèle SaaS est désormais adopté pour
des applications stratégiques. D'après Sangatuck, l'adoption du SaaS en Europe
va exploser suite à ce qui s'est passé aux États-Unis entre 2006 et
2007.
Des architectures hybrides apparaissent : le SaaS se connecte,
s'intègre avec des données, des applications et des processus locaux. Les
architectures SOA, les logiciels Open Source, le Web 2.0, poussent à la création
d'applications hautement configurables. Des places de marchés transactionnelles,
collaboratives et métiers s'appuient sur des plates-formes SaaS. Et pour mesurer
les services, des applications analytiques, des tableaux de bord et des outils
de mesure de performances se répandent. Un nouveau modèle de mise à disposition
de services métiers apparaît, plus économique et plus efficace que la simple
infogérance (one-to-one).
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Atelier pendant les
États Généraux de l'ASP
Les
types d'applications les plus présentes en mode SaaS
Ce ne sont pas
les mêmes aux États-Unis et en Europe. Aux États-Unis, ce sont, dans l'ordre, la
messagerie et les conférences Web, le CRM/SFA, les RH, la paie, la BI/CPM. En
Europe, les applications les plus demandées en mode SaaS sont, toujours dans
l'ordre, la messagerie et les conférences Web, les services de voyage, le
CRM/SFA, la BI/CPM et les ERP. Les Européens font donc plus confiance au SaaS
pour des applications stratégiques comme l'ERP.
Les critères
d'adoption
Les critères fondamentaux d'adoption du mode ASP sont les
mêmes sur tous les marchés : simplification de la gestion du logiciel, réduction
des coûts, rapidité de mise en œuvre, accroissement des niveaux de service. Mais
l'Europe est plus particulièrement sensible au "time-to-market", à la réduction
des risques, à la transformation des coûts informatiques fixes en coûts
variables, à l'augmentation du chiffre d'affaires.
Les aspects les plus
importants pour les entreprises sont l'intégration des workflows métiers avec la
gestion des processus métiers de l'entreprise, leur personnalisation , la
collaboration entre "business units" ou entre entreprises.
Les
trois vagues des applications à la demande
Saugatuck
voit le développement du SaaS se faire en 3 vagues. Les dates sont celles du
marché américain. La première vague (2001-2006) correspond aux pionniers. Elle a
concerné des applications autonomes, peu configurables. Le principal souci était
alors la réduction des coûts et la mise à disposition rapide des
applications.
La deuxième vague (2005-2010) correspond à l'adoption du
modèle par l'ensemble des acteurs du marché. Elle consiste à fournir des
solutions métiers intégrées grâce à des Web services, des API et des ESB. Des
plates-formes d'intégration SaaS apparaissent, des places de marché métiers
voient le jour, les fonctions de personnalisation des applications deviennent
très riches.
La troisième vague (2008-2014) correspond à une adoption
généralisée du modèle. La transformation de l'entreprise s'appuie sur les
workflows et la collaboration. Les systèmes sont optimisés. Les plates-formes de
développement en mode SaaS se multiplient.
Applications
stratégiques
Comme
toujours, les pionniers ont défriché le terrain. Si de nombreuses « jeunes
pousses » en sont encore au stade des applications pilotes, certaines sociétés
ont déjà des offres commerciales suffisamment attractives pour avoir séduits
leurs premiers clients : c'est par exemple le cas de Workday, créé en mars 2005
par Dave Duffield, le fondateur de PeopleSoft. Ayant d'emblée adopté le modèle
SaaS, la société fournit une suite modulaire de fonctions pour les ressources
humaines, la gestion financière, la gestion des achats, la gestion des revenus.
Elle met particulièrement l'accent sur l'agilité, la gouvernance, la facilité
d'utilisation, les métriques, les possibilités d'intégration.
Les grands
éditeurs ont donc dû se positionner dans ce domaine. Dans le domaine de l'ERP,
SAP, Oracle, Microsoft et d'autres sont en train de mettre en place des offres
ASP/SaaS. Celles-ci devraient trouver un écho significatif auprès de leurs
clients entre 2009 et 2012, surtout dans le cadre de migrations forcées. Les
utilisateurs devraient se répartir en trois catégories de taille à peu près
équivalente : le premier groupe choisira un fournisseur de nouvelle génération,
le deuxième adoptera la nouvelle offre Saas/SOA de son fournisseur existant, le
troisième retardera sa décision.
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L'assistance
attentive pendant un atelier des États Généraux de
l'ASP |
L'atelier
organisé sur le thème des ERP à l'occasion des États Généraux de l'ASP a bien
montré le potentiel de progression du mode ASP pour ce type d'applications. SAP
a investi 500 millions de dollars sur 4 ans pour le développement de son offre
ByDesign, lancée en 2007. L'éditeur considère cette offre comme un relais de
croissance en direction des PME. structure plus modeste (chiffre d'affaires
annuel de 12 M€ pour 100 collaborateurs) mais tout aussi dynamique, Proginov est
un pionnier du modèle ASP puisque son offre date de 2001. Son offre ERP se
complète d'une offre d'EDI et de workflow.
Les éditeurs s'accordent sur
leur rôle d'évangélisateurs du marché. Ainsi SAP propose-t-il à ses clients de
tester l'offre en mode préparamétré pour qu'il s'habituent à travailler de cette
manière. Quant à Proginov, qui propose systématiquement ce mode à ces clients,
60 % de son chiffre d'affaires est réalisé surl'ASP.
Sources
La
cabinet Markess International a présenté les grands chiffres d'une étude sur le
marché de l'ASP réalisé en interrogeant 85 sociétés présentes dans le
domaine. Companeo a calculé ses indicateurs pour l'ASP Forum à partir des
demandes de devis émises par des TPE et PME françaises dans son portail de
solutions métiers. Bill NcNee, CEO de Sangatuck Technology, a présenté
aux États Généraux de l'ASP, les grandes tendances que son cabinet a observé aux
États-Unis et les évolutions prévisibles sur l'ensemble du marché
international. L'intégralité des documents figure sur le site des États Généraux de
l'ASP
René
Beretz
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